école

Dimanche 6 avril 2008
Je me suis toujours demandé comment on développe activement le sens moral des enfants. Je n'ai aucune réponse. ça me cause du souci. Je m'explique.
Je veux que mes enfants soient respectueux des autres. Normal. L'aîné n'est pas toujours très respectueux, en paroles, des autres. Pourtant je sais qu'au fond il est gentil. Mais je l'ai déjà entendu envoyer promener des enfants d'une façon qui me choquait.
Mais il me faudra développer plus tard. Voilà ce qui s'est passé dernièrement.
Comme je le reprécise en bas, cette anecdote a pour but de me montrer dans le rôle de la mère qui se fait un flip et pas de la mère qui gère merveilleusement les situations dramatiques vécues par son fils.
Un élève lui a piqué un stylo doré récemment acheté. Mon fils ne s'en est pas rendu compte. Puis, une camarade lui a signalé ce petit vol. Mon fils a été récupérer son stylo dans la trousse de l'autre. Mais l'autre s'en est rendu compte et l'a alors accusé de vol (et lui a demandé de récupérer ce stylo soit-disant volé par mon fils). L'histoire est restée entre les enfants. Je veux dire par là que les profs ne sont pas intervenus, les enfants ne se sont pas plaints à eux, donc l'histoire est restée entre enfants.
Voilà mes problèmes : a priori, je ne suis pas d'accord pour que mon fils aille récupérer des trucs dans la trousse d'un camarade. Mais je sais que la bonne foi est souvent mal récompensée, et que la procédure normale risque de compliquer les choses (il ne s'agit que d'un stylo!). Donc, je me dis que cette petite incorrection n'est pas si mauvaise que cela.
L'enfant a continué de se plaindre à mon fils, de lui réclamer ce stylo : au début, mon fils était assez stressé par cette situation (et moi aussi). J'avais envie d'en parler aux enseignants (alors que mon fils refusait que je leur en parle). Mais, par expérience, je sais deux choses : d'abord, les enfants sont diffférents à l'école et à la maison : je ne peux donc pas être certaine que mon fils me dit à 100% la vérité. Ensuite, ce genre de problèmes arrive lorsqu'un enfant est en situation d'infériorité dans le groupe des enfants. les autres, le sentant en position moyenne ou faible, en profitent.
Par expérience, je sais que dans les groupes, mon fils est normalement un outsider respecté (il ne fait partie d'aucun groupe mais il a des amis partout et gère toutes les situations - sans être un leader). Donc, là, allait-il se tirer de la situation? Ou pas?
S'il est assez fort pour se tirer de la situation, c'est mieux pour lui le le faire seul : le soutien de la mère peut être hyper dévalorisant (même si dans certains cas il est nécessaire).
Mais comment puis-je savoir s'il n'est pas en train d'être débordé, victime d'un manipulateur, qui va instrumentaliser les autres contre lui? Je me suis fait un film.
Voilà comment ça a évolué : il m'en a donc parlé un certain jour, et ça le tourmentait.
Le lendemain, c'est moi qui lui en ai reparlé (ça me tourmentait moi aussi). Donc il ne se sentait pas mal au point de m'en reparler ; par contre, la situation n'avait pas bougé.
Je continuais d'être un peu stressée, je ne voulais pas passer à côté d'un problème important. Dans les jours suivants, je lui en ai reparlé, et il m'a répondu avec désinvolture.
Au bout d'une semaine, le garçon insistait toujours pour récupérer le stylo, mon fils ne le lui avait pas rendu, la situation n'avait pas bougé ; mais vu la façon dont me parlait mon fils (il faut que je lui trouve un pseudo), en se moquant de lui, je voyais qu'il surmontait la chose.
Cet évènement a eu lieu il  y a un mois : en fait, ça l'a rapproché d'autres camarades, avec qui il a parlé de ce problème, et la dernière fois que je lui ai parlé du garçon au stylo doré, il a mis quelques minutes avant de réaliser de qui je parlais.
Donc, dans ce cas-là, j'ai eu raison de dominer mon stress et de ne pas intervenir. Non seulement le problème a disparu, mais il a redistribué les forces au sein de la classe : mon fils est plus "fort".

En me relisant je constate que le style de ce post fait un peu autosatisfaction, genre je fais tout bien. Bon, je ne vais pas le réécrire mais je continue de suivre cette histoire pour être sûre que ça ne tourne pas mal. Après tout on ne sait jamais. Mais en tout cas j'ai raconté ça pour montrer que parfois on (moi) se fait un film, on stresse et en fait si ça tombe le problème n'est pas énorme. Rester cool c'est bien aussi.
Je ne veux pas dire : ah, mon fils a été dans telle situation épouvantable mais comme j'ai super géré le problème il s'en est sorti : je l'ai mal exprimé, mais en fait il n'a jamais été en difficulté particulière, mais moi je l'ai cru. Vous saisissez?
Par isabelle
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Dimanche 6 avril 2008
Personnellement j'ai toujours eu des rapports très particuliers avec l'école. Enfant, j'adorais l'école, puis, adolescente, c'est devenu mon cauchemar. Je me sentais seule, différente, anormale. J'ai réussi à me réintégrer quand j'ai été étudiante.
Je voulais absolument avoir des enfants brillants, bons élèves, sachant beaucoup de choses, en plus des connaissances proprement scolaires. Avant, j'avais une certaine vision des choses, qu'il me faudrait expliquer... Par la suite, j'ai totalement changé d'idée. Ce n'est pas que je veuille avoir des cancres ignares et asociaux, non, mais j'ai pris conscience, lentement, de certaines réalités.
Quand je dis que j'en ai pris conscience, c'est à vrai dire terriblement confus, mais quelque chose s'est cependant installé en moi.
Disons que lorsque je regardais mes enfants petits il me semblait pouvoir influencer leur rapport à l'école. Au fur et à mesure que le temps passe, je décroche complètement.
Je sens que je vais avoir du mal à être cohérente sur le sujet. Sans compter que nos changements multiples de localisations géographiques ne simplifient pas les choses. En plus du travail scolaire, ils sont amenés à se réadapter constamment.
Les résultats scolaires me paraissent maintenant refléter un conformisme que je déteste. Je suis prise entre le désir de les voir réussir convenablement, et celui de ne pas ressembler aux mères ultra soucieuses de la réussite scolaire de leurs enfants, obsédées du bulletin, que j'ai pu voir. Naturellement, la bonne attitude se situe probablement entre les deux. Ce qui me frappe maintenant, avec une force de plus en plus grande, c'est le rôle de l'enfant dans son propre apprentissage. L'observation de mes deux enfants, très différents, m'a appris beaucoup de choses. Quels que soit ses résultats, souvent moyen, l'aîné est désinvolte et tranquille. Il révise très vite, et quand on lui demande, affirme toujours savoir ses leçons. Il a toujours été comme ça, et chaque fois que j'ai essayé de le faire travailler plus, j'ai obtenu des conflits interminables, la pression ne produisant que du conflit, et pas de résultats, ses notes demeurant globalement les mêmes.
Le plus jeune va à l'école pour avoir de bonnes notes ; pas les meilleures, mais des notes dont il puisse être fier. Il m'amène son livre pour que je le fasse réviser ; relis ses leçons comme je le lui demande, une ou deux fois dans la journée et le soir avant de s'endormir ; cela ne lui prend que très peu de temps, mais il se concentre et ses résultats sont meilleurs d'un 1 à 4 points par rapport à son frère. la différence est la suivante : l'aîné attend que le ballon vienne vers lui pour tendre la main et l'attraper ; le plus jeune court et fait tout pour attraper le ballon. J'ai pris conscience que cette attitude par rapport à l'apprentissage était fondamentale et je n'ai pas d'influence là-dessus.

Par isabelle
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Objectif de ce blog

En créant ce blog j'ai un objectif en tête : permettre à des mamans (ou des papas, mais tout de même c'est moins souvent eux qui ont ça en charge!) d'échanger leurs idées, en toute tolérance, sur l'éducation des enfants. J'avoue que j'ai un peu peur, car j'ai constaté, dans ce domaine, qu'il existe tant de pratiques et de méthodes différentes que j'espère que mon idée ne virera pas au pugilat.
Donc, toi, maman, ou papa, qui passe, sache que si tu lis quelque chose qui te choque ici, tu dois te montrer tolérant envers d'autres méthodes d'éducation.
Ce qui m'intéresse, c'est d'exprimer et de comparer des façons de faire, pour nous donner des idées. Le titre est une plaisanterie. Je ne suis pas une mère parfaite, je me pose tout le temps des questions. Il fait référence à deux livres que j'ai beaucoup aimé, de Libby Purves "Comment ne pas être une mère parfaite" et "Comment ne pas élever des enfants parfaits". Elle y donnait des trucs super, dont certains ne m'ont pas du tout servi, parce qu'ils ne me correspondaient pas, et d'autres merveilleusement.


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